BLUES RULES

CRISSIER FESTIVAL

05 & 06 JUIN 2026

BACK TO THE ROOTS

Cette édition 2026 avait une saveur particulière. Derrière son thème « Back to the Roots », notre ambition était de revenir à l’essence même de ce qui fait le charme du Blues Rules depuis seize ans : l’authenticité, la proximité, la convivialité et les rencontres humaines.

Nous avons la joie de constater que ce pari a été relevé. Durant tout le week-end, la prairie du Crississippi a accueilli un public nombreux, enthousiaste et intergénérationnel. Familles, passionnés de musique, habitants de la région, visiteurs venus de toute la Suisse et de l’étranger ont partagé ensemble des moments de fête, d’émotion et de découverte. Ce sont plus de 2.000 spectateurs qui ont dansé avec nous cette année !

Au-delà des concerts, les nombreuses animations, la parade musicale des vieux tracteurs, les événements annexes en ville (séance spéciale de cinéma à Lausanne, masterclasses à Crissier) et le traditionnel culte du dimanche ont contribué à faire rayonner Crissier bien au-delà de ses frontières et à renforcer les liens qui unissent notre communauté.

Le compte-rendu ̶ ̶D̶U̶ ̶ des goofZ

Vous avez peut-être remarqué, cette année, qu’à chaque passage d’un pont traversant le Crississippi avait été ajouté un très précautionneux panneau d’avertissement : « Attention : un Goof peut en cacher un autre ! ».

Ce qui pourtant n’a pas empêché les Bichon(t)(d), dans leur grande mansuétude et comme un seul homme (mais qui-a-vu-l’homme-qui-a-vu-le-Goof-et-même-maintenant-une-paire-de-Goofs, ce qui compte peut-être aussi double et pas que pour les scrabblologues, allez savoir), de vous imposer à nouveau mes goofineries billevesesques et élucubrationniques (plus ou moins) fines (disons, plutôt moins que plus), avec, donc, en cadeau bonus les illustrations de mini-Goof #2 (par ordre d’apparition à l’échographie).

Bien sûr, en persifleur patenté doublé d’un vil faquin qu’on ne présente plus, probablement de crainte de fâcher quelque convive fort, beau, à la puissance financière indéniable et qui sent bon le sable chaud, j’avais sournoisement préparé mon coup en pré-listant mes arguments les plus perfides : une météo un peu, beaucoup ou passionnément pluvieuse, les bottes à pois de DJ Phil qui vont bien avec – qui vont bien avec la pluie, pas avec Phil, hein ! D’ailleurs, rien ne va mieux à Phil qu’un bonnet Ricola jaune et vert ! –, les tenues de scène-sapins de Noël qui piquent les yeux, les blagues d’interscène de nos Bichon(t)(d) chouravées dans de vieux malabars retrouvés au fond d’un tiroir poussiéreux, les haleines fétides et postillonneuses des fêtards imbibés du début de nuit, et toutes ces sortes de choses agaçantes pour ceux qui aiment bien s’agacer pour un oui, pour un non ou pour trois gouttes d’eau…

Sauf que… le temps fut magnifique, déjà, pour commencer. Enfin, pour Crissier, c’est ce qu’on appelle un temps « magnifique »… 

De toutes les façons, nous étions tous tellement bien occupés à nous en prendre plein les yeux, plein les oreilles et même plein l’estomac (et pour certains le foie), qu’à part un nain de jardin grincheux (« mais c’est pas du blues, ça ?! » à propos de Blue Blue Sky, en fin de soirée le vendredi), tout le monde a mis ses zygomatiques à rude épreuve, à force de sourire béatement devant tant de plaisir partagé, tant de bonnes vibrations et ce qu’on pourrait résumer en un décathlon du blues tant on s’en est goinfré de toutes les nuances possibles.

Disons-le tout de go : nous n’étions définitivement pas à l’abri d’une flambée d’euphorie collective et flambée d’euphorie collective il y eut.

Heureusement que le mot « blues » vient de « blue devils », que l’on pourrait traduire par « idées noires », qu’est-ce que ça serait si cela voulait dire « petites licornes libidineuses » ?!

Narrées par le menu, voici l’ensemble des gouleyantes réjouissances dont purent profiter les nombreux impénitents festivaliers (beaucoup de nouvelles têtes aussi) de cette seizième édition du Blues Rules…
Phil DJ - Dimitri

The Bluecyclettes : avec leurs costumes tirés de l’album La Mauvaise Tête de Spirou et Fantasio, The Bluecyclettes (et leurs invités) ont assuré des intersets aux petits oignons…

Lone Wolf : que ce soit en solo façon one-man band (le vendredi en début de soirée) ou accompagné des incontournables Boogie Beasts (le samedi en presque fin de soirée), notre homme n’a pas fait semblant pour sa première (et donc double) échauffourée suisse, fidèle à son nom de scène emprunté au classique « Lone Wolf Blues » de Big Bill Broonzy.

Shaggy Dogs : si elle se présente de manière un tout petit peu moins hirsute, capillairement parlant, la meute Shaggy Dogs s’est vue augmentée d’une paire de cuivres, qui lui va bien au teint et au (gros) son, avec une belle maîtrise technique et une présence technique sans faille à tous les étages.

Mark ‘Muleman’ Massey : il avait déjà mis tout le monde d’accord, lors de sa précédente venue à Crissier, neuf ans plus tôt, mais depuis… que de progrès encore notre ‘Muleman’ a-t-il fait, notamment au niveau de la voix, dont il maitrise désormais tout autant les tessitures soul que blues. Son imparable backing band pour l’occasion : les Boogie Beasts, pardi !

Mark Massey - Dimitri

Beverly Davis : à chaque édition sa prima donna blues, cette année ce fut une belle exclusivité (première européenne) avec cette très sémillante chanteuse de Delta blues pur crin – ici accompagnée – who else ? – des indispensables Boogie Beasts.

Kitty, Daisy & Lewis : changement total d’univers (univers au pluri-pluriel, même !) avec la famille Durham, from London, qui swingue’n’roll, entre rockabilly (leur fond de sauce originel), country & western, blues bien sûr, soul, rhythm & blues et même musique caribéenne, le tout en s’adonnant à un perpétuel jeu de chaises musicales, en passant d’un instrument à un autre, tout en se partageant le chant.

Avant le DJ set trépidant comme il se doit de l’ami DJ Phil, jamais en creux (pas surprenant, connaissant ce bougre de vinylophage vaguement vertébré – de loin !) malgré qu’il n’ait pas pu chausser ses bottes en plastique et à pois fétiches, BLUE BLUE SKY, le local de l’étape, nous fit découvrir son univers (il s’agissait de leur toute première prestation devant un public !). Bottant le postérieur du nain de jardin grincheux et même pas priapique de service (oui oui, celui du « mais c’est pas du blues, ça ?! »), le groupe mit l’ensemble des festivaliers (moins un, donc) un genou à terre, avec un set énergique qui ne fut pas sans rappeler les premiers concerts d’Arctic Monkeys. Pas moins.

Blue Blue Sky - Dimitri

Bluesugar : de la même façon qu’il existe un Geneva, dans l’Illinois, pas bien loin de Chicago, banlieue ouest, il existe du côté de Genève et de la Suisse alémanique, un très bon groupe de Chicago blues, aussi carré que propre sur lui, bref l’idéal pour démarrer le second jour de nos festivités bluesrulesques – après un trépidant set des Bluecyclettes, ce qui va sans dire – et je ne l’ai pas dit, enfin si, finalement. Bon, comme dit Doc Brown, « on s’en balance ! », merdalors (ça, c’est © Da Goof) !

On poursuit dans le faussement exotique avec Ptaszek and Bužma, un duo (chant-harmonica et guitare) aussi intriguant (avec son yaourt au goût tchèque, qui n’a rien à voir avec celui au goût bulgare, non non non) qu’enivrant (l’effet des psalmodéviances blues, sans doute).

The Too Bad Jims : forcément, avec un nom pareil et avec par ailleurs l’origine du projet qui a carrément germé du côté du Crississippi, nous avons pu profiter d’un aussi tapageur qu’éclatant hommage à R.L. Burnside, l’étoile d’Holly Springs, avec en prime Nick Simonon à la batterie (oui, le frère du bassiste de The Clash !).

Rachel Ammons, c’est une tout autre tambouille ! Trublionnesque one-woman band, mais vraiment, hein, du genre à faire couiner du poulet en polymères synthétiques émettant un si bémol par paquets de douze (comprendra qui en fut) ! Dire qu’elle est multi-instrumentiste est à la plus-que-limite de la lapalissade, le choix du Goof revenant au violon, qu’elle maîtrise comme il m’a rarement été donné l’occasion de l’entendre.

Rachel Ammons - Dimitri

Avec les insurmontables Boogie Beasts en arrière-plan, le légendaire Super Chikan, from Clarksdale, Mississippi, oui celui du crossroads originel, a réussi à faire encore monter la température de ce beau samedi soir de quelques degrés.

En toute fin de soirée, avant l’incontournable jam finale (une des plus réussies, si vous voulez mon avis ; et si vous ne le voulez pas, je vous le donne quand même), les immarcescibles Boogie Beasts ont achevé les plus téméraires et présomptueux d’entre nous. On appelle ça le coup de grâce.

Ce fut beau, ce fut grand, ce fut bluesrulesquement fantasmidable, bref c’était cool. Même que je fais l’impasse sur les amuse-bouche (ol’ timers caravan, master classes…), pour ne pas donner des envies de suicide collectif à ceux déjà bien dégoûtés de ne pas avoir pu être des nôtres. Mais vous savez quoi ? L’année prochaine, dernier week-end de mai, on remet ça, épicétou !
Boogie Beasts Fabian - Dimitri

From da Goof with luv !

Illustrations : Dimitri Goffette

Le dernier livre des Goofs (avec de vrais morceaux de Mississippi dedans et la présence de Mark ‘Muleman’ Massey) : https://goofprod.com/products/mother-road-father-tales

Playlist

Vendredi 05 juin

17h00 : Ouverture des portes

17h30 : Les Bluescyclettes - CH - Intersets

18h00 : Lone Wolf - USA - 1ère Eur. - Solo

19h00 : Shaggy Dogs - F

20h00 : Mark Muleman Massey - USA [+]

21h00 : Beverly Davis - USA - 1ère Européenne

22h00 : Kitty, Daisy & Lewis - UK

23h30 : Blue Blue Sky - CH - grande première

00h30 : DJ Phil's Blues Set - CH [+]

Samedi 06 juin

17h00 : Ouverture des portes

17h30 : Les Bluescyclettes - CH - Intersets

18h00 : Bluesugar - CH

19h00 : Ptaszek and Bužma - CZ [+]

20h00 : The Too Bad Jims - USA/UK [+]

21h00 : Rachel Ammons - USA

22h00 : Super Chikan - USA [+]

23h30 : Lone Wolf - USA - 1ère Européenne

00h30 : Boogie Beasts - B [+] jam finale